dessin :RENE BOUSCHET,Kezakohebdo
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Politique




I
SoliDaire Developpement 17
billet d'étude

Marketing et politique :
ZOOM sur un article de P. LENTSCHENER


ce post de P. Lentschener sur son blog me semble malheureusement faire réfléchir à juste titre sur la campagne actuelle.
citation

"Bonjour, et bonne année. La machine Royal connait des fortunes diverses, l’étudier est passionnant et revient à poser une question simple : y-a-t-il une autonomie du champ politique dans cette société, ou le marketing peut-il s’en emparer et le soumettre à ses lois ?
La machine Royal s’est déréglée ces 10 derniers jours. 3 faits majeurs, qui ne dépendent que d’elle et de ses équipes, et non de ses anciens concurrents au PS ou de ses adversaires à droite semblent en être la cause. C’est donc un phénomène interne à 100% de dérèglement.
Des déclarations à l’emporte pièces en Chine, qui braquent des segments différents de l’électorat (« bravitude attitude », charge contre les entreprises françaises qui ne décrochent pas de marché, éloge de la justice chinoise) ; elle se voulait le digne successeur de Mitterrand au pied de la muraille de Chine, bon...
Les bisbilles politico-fiscales avec son compagnon, qui compliquent la conduite de la campagne mais brouillent aussi l’image de la femme parfaite qui avait réussi à tout concilier : sa vie personnelle, ses enfants, sa vie politique. François Hollande souhaite que les Français ouvrent leur chéquier en début de campagne, ce n’est pas très habile.
L’énorme blague d’Arnaud Montebourg, et la punition absurde qui lui a été infligée (mise au piquet pour un mois, qui donne d’elle l’image d’une maîtresse d’école). Personne ne souligne que cela vient de celui qui a une des plus belles langues de la politique française, il avait déjà affublé Hollande du remarquable « Flamby ». Montebourg fait de la politique, comme elle semblait le souhaiter, libre. Ce n’était qu’un calembour, au détriment de celui qui en fait tant d’ailleurs. Aurait-il son humour pour lui et plus pour les autres ?
A cela s’ajoute le mauvais procès qui lui est fait sur l’ISF, première boule puante de la campagne. Mauvais procès mais processus inévitable : on n’est pas élu à l’Elysée dans ce pays sans avoir été avant lynché par les médias. Royal ne l’a pas été, à la différence de Sarkozy (ou de Fabius et DSK !). Cette phase arrive donc maintenant, à un mauvais moment. A elle de la surmonter.
Bref, le conte de fée est-il terminé ? Le réel reprend-il ses droits ?

Trois autres paramètres moins conjoncturels et plus inquiétants encore aident aussi à comprendre le trou d’air actuel : En novembre et décembre, elle aurait dû rassembler l’ensemble des socialistes en mettant dans sa campagne ses deux anciens rivaux - ce que Laurent Fabius s’était engagé à faire s’il avait été investi : trop sûre de sa victoire et trop prisonnière de sa psychologie, elle ne l’a pas fait. Maintenant dire : les éléphants, quand se mettent-ils en route ? Alors que l’on jette mépris et haine sur eux depuis six mois, et qu’on les laisse sur le banc de touche, ne manque pas de sel.

En novembre et décembre, elle aurait pu organiser sérieusement ses équipes techniques pour se mettre en ordre de bataille logistique face à Nicolas Sarkozy : mais trop sûre que tout allait se jouer sur son image et pas sur le fond des positions, elle ne l’a pas fait ; résultat, quand on lui demande si elle amnistiera les PV, elle ne répond pas, tout simplement parce que les équipes ne sont pas en place pour traiter une telle demande ; l’effet est désastreux, peut-on lui confier un pays ainsi ?

En janvier et février, elle aurait dû commencer à prendre des positions fortes pour passer de l’icône au projet et donner ainsi un contenu à son image ; mais trop sûre des vertus de la démocratie participative, elle s’est imposée un temps d’écoute qui la met en porte-à-faux et lui impose une sorte de quadrature du cercle : soit elle propose dès maintenant et alors c’est qu’elle n’écoute pas vraiment ; soit elle ne propose pas, et alors elle ne dit rien. Dans un cas, elle discrédite son processus de démocratie participative ; dans l’autre, elle se discrédite elle-même en ne donnant pas de contenu à son image.
Résultat : pour la première fois, l’opinion sanctionne Royal. Sarkozy -qui de son côté a pleinement réussi son entrée en campagne, grâce à deux éléments de la politique traditionnelle, un discours remarquable et la spectaculaire mise en scène du rassemblement autour de lui- a repris la tête. En 10 jours, il a inversé la courbe et c’est désormais lui qui est à 52-48.
De favorite, Royal est devenue la challenger. Avec pour conséquence, de premières attaques contre Sarkozy hier au 20 heures, alors qu’elle avait dit qu’elle ne polémiquerait pas pendant cette campagne.
Au-delà de l’écume des choses, ce que tout cela montre, c’est qu’elle ne devrait plus pouvoir gagner en mobilisant les mêmes ressorts que ceux qu’elle a mobilisé dans sa campagne interne. Image, sondage, décalage. Le tailleur blanc ne suffira pas. Or, ce scénario n’avait pas été anticipé par ses équipes rapprochées qui pensaient qu’elle marcherait sur l’eau jusqu’au 6 mai… Contre son gré, elle doit à présent descendre dans l’arène, faire de la politique, s’entourer et rassembler, structurer et rassurer, proposer.
Ceux qui ont conçu sa campagne ont fait le pari que les lois du marketing étaient totalement transposables dans le champ politique. Nous avons consacré tant de texte à décrire ce processus. S’appuyant sur la théorie du consom-acteur, ils ont construit la première candidature politique participative. Ils ont pensé que le virtuel, désormais, pouvait s’imposer au réel.
La question qui est posée est donc celle de l’autonomie du champ politique.
Si nous avons définitivement basculé dans la société de marché politique, alors Ségolène Royal l’emportera. Si, en revanche, la politique garde son autonomie, ses lois et ses rituels, ses codes et des règles, alors elle perdra. Car, à la différence de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, tout en misant à fond sur l’image, fait aussi de la politique au sens traditionnel du terme.
Sauf, sauf, sauf, évidemment, si elle se met elle-même à faire de la politique. Mais là, le champ symbolique est autre, les gens qui la veulent la veulent contre la politique classique. Elle est immaculée, deviendrait-elle tachée ? Et surtout, mais aura-t-elle le niveau alors, dans cet autre sport ? Ce n’est pas se moquer des femmes que de poser la question, je l’aurais posé pour bien des candidats hommes, Villepin ou Debré ou d’autres.
Bref, son succès ou sa victoire est entre ses mains. Mais une chose semble désormais acquise, et c’est une bonne nouvelle pour la politique : le marketing participatif de Royal a déjà perdu, le citoyen n’est pas un consom-acteur, Royal ne sera pas élue en restant une icône sans contenu, bref, si elle veut l’emporter, elle doit désormais… faire de la politique."

Par Philippe Lentschener, le 22 janvier 2007.

fin de citation

NB: Philippe Lentschener est le président de Saatchi and Saatchi, agence très connue et reconnue dans le milieu de la com. réagir sur le blog de P LENTSCHENER

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Mon regard personnel

Les personnes les plus convaincues par les priorités humaines de gauche sont celles qui attendent le plus du PS , ce sont donc les plus exigeantes , et c'est logique, car toute déception ou défaite reculerait d'autant la possibilité d'action sur ces priorités, et laisseraient le champ libre aux adversaires de la gauche.
Qu'elles exercent un esprit critique sur leur candidate n'est pas choquant à mon avis, car l'approbation inconditionnelle d'une personne et d'une stratégie ne garantit pas la tenue de la mission confiée par les votants à l'investiture , un contenu cohérent et connu est en droit d'être attendu.
Il est donc urgent que ce programme soit connu, car à ce moment-là le débat pourra s'assainir et porter sur le fond.


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